samedi 31 janvier 2009

Les cobayes


La France, troisième puissance nucléaire, a enregistré près de 200 tirs (officiels, car le nombre exact relève du secret Défense). Alors que les Etats-Unis reconnaissent la contamination des îles Marshall et lèvent le voile du secret sur les expériences biologiques, et que les Russes ouvrent les archives du KGB, en France on ne sait rien, même des effets sur les humains.


La première bombe atomique ayant explosé dans le sud Algérien, était d´une puissance de feu nucléaire dépassant les 450 kilotonnes, soit 40 fois plus forte que la bombe explosée par les Américains à Hiroshima, au Japon.

Des essais dont les séquelles sont restées jusqu’à nos jours.


Des humains, des prisonniers pour la plupart, sont utilisés comme cobayes. Aujourd’hui, 47 ans après l’apocalypse, les irradiations continuent de faire leur effet.

Des milliers d’enfants sont condamnés à vivre avec des malformations congénitales, alors que d’autres seront stériles à jamais. Un autre crime contre l’humanité qui demande réparation et dont la France officielle, doit sans doute intégrer dans le chapitre des «bienfaits» de la colonisation, que les initiateurs de la loi du 23 février 2005, continuent de vanter.

vidéo : Vent de sable :Le Sahara des essais nucléaire

Michel Daëron, journaliste et cinéaste, a réalisé pour La Sept-Arte-Point du Jour un documentaire intitulé Mururoa, le Grand Secret, où il tente d'évaluer les conséquences de trente-deux ans d'essais français dans le Pacifique.

Manque de données, mutisme des militaires qui sont pratiquement la seule source d'informations "officielles", limites imposées aux missions scientifiques indépendantes, projettent une image trouble.

Daëron a interrogé des sages femmes, qui évoquent " une flambée de malformations ".

extrait vidéo : témoignage d'une sage femme

Son film montre deux abris atomiques; celui pour la population est une bâtisse en tôles, alors que celui pour les militaires est doté de murs épais d'un mètre...


Pourquoi, demande-t-il, les causes de mortalité à Tahiti disparaissent-elles, dès 1963, à la fois des tables de l'Organisation mondiale de la santé et aussi du Journal officiel où elles étaient régulièrement publiées ? Combien de cancers sont dûs aux expériences nucléaires ? Combien de malformations chez les nouveaux nés, d'accidents de contamination ? Il ne peut répondre à ces questions, et cela même justifie qu'elles soient sérieusement posées.

Les soviétique aussi

En septembre 1954, l'armée soviétique exposa sciemment des civils et des militaires aux retombées d'une bombe atomique de 20 kilotonnes, explosée à 350 m au-dessus de la ville de Totskoye, dans l'Oural.

45 000 soldats exposés - quand les généraux décidèrent de leur imposer des exercices militaires sur les terrains encore brûlants de radioactivité .

Il y avait aussi des civils: un million de personnes environ, réparties dans un rayon de 160 km autour du site de l'expérience. Kouibichtchev (aujourd'hui Samara), alors peuplée de 800 000 habitants, se trouve à 130 km à l'ouest du site et Orenbourg, 265 000 habitants, à 160 km à l'est.

Les américains pas en reste

Le secrétaire d'Etat à l'Energie, Hazel 0'Leary, a révélé en effet qu'en plus d'avoir dissimulé à l'opinion nationale et internationale 204 tirs nucléaires, les autorités américaines avaient mené des expériences sur quelque 700 "cobayes humains" et exposé des milliers de personnes à des retombées radioactives, quoique de moindre intensité que celles reçues par des milliers de Soviétiques.

Pour mémoire, le premier essai américain eut lieu au Nevada, à 100 km de Las Vegas, le 16 juillet 1945. Son succès mena à l'utilisation de deux bombes atomiques d'une puissance équivalente à 20 kt de TNT contre le Japon: Hiroshima le 6 août 1945 et Nagasaki trois jours plus tard. A la fin de la guerre, deux des îles Marshall, placées sous tutelle américaine, furent choisies pour les essais américains: le fameux atoll de Bikini et Eniwetok. Les habitants furent évacués vers des îles voisines, et les essais commencèrent avec un tir de 20 Mt le 1er juillet 1946.

Selon un autre rapport, une contamination radioactive de l'atmosphère fut délibérément provoquée lors d'essais secrets au Nouveau Mexique, au Tennessee et dans l'Utah, entre 1948 et 1952. Ces expériences faisaient partie des "recherches sur la radioprotection", car on craignait que les Soviétiques missent au point une arme spécifiquement radiologique. Dans certains cas, on libéra dans l'atmosphère des radionucléides (isotopes radioactifs produits par une explosion) déterminés, pour en suivre le cheminement. Ainsi, les chercheurs du centre nucléaire de Hanford, à Richland (Etat de Washington), lâchèrent un nuage d'iode-131 contenant plusieurs centaines de fois la radioactivité libérée, en 1979, lors de l'accident de la centrale de Three Mile Island en Pennsylvanie.


Les essais nucléaires français en Algérie


Victimes des essais nucléaires français en Algérie.


source L'expression.dz.com : Achira Mammeri 12 février 2007


Elles s’appelaient gerboise bleue, gerboise verte, gerboise rouge et gerboise blanche;

Ce ne sont là que quelques noms de code d’essais nucléaires français perpétrés dans le sud algérien. D’El Hammoudia à Reggane, à In Ekker à Tamanrasset, en passant par le massif de Tan Afella dans le Hoggar, l’horreur est la même.

La première bombe atomique ayant explosé à El Hammoudia était d´une puissance de feu nucléaire dépassant les 450 kilotonnes, soit 40 fois plus forte que la bombe explosée par les Américains à Hiroshima, au Japon. Des essais dont les séquelles sont restées jusqu’à nos jours.

vidéo : le secret des essais nucléaire

Des plaintes avec constitution de partie civile déposées par l’association des vétérans des essais nucléaires (AVEN) ,l’association polynésienne Mururoa et Tatou et une dizaine d’individus, ont trouvé, pour la première fois, une écoute auprès de la justice française.

vidéo : Les irradiés de la république

Le parquet de Paris a, en effet, décidé le 20 septembre 2006, d’ouvrir une information judiciaire sur les conséquences sanitaires possibles des essais nucléaires français dans le sud algérien et en Polynésie entre 1960 et 1966. L’enquête ouverte contre X porte sur des faits d’homicide volontaire et d’atteinte à l’intégrité physique.

le cas des essais nucléaires qui ont eu lieu en Algérie, le 13 février 1960, a été mis en exergue. Il est connu que les essais atmosphériques en particulier se sont avérés très polluants en irradiant le sol algérien tout en causant un grave préjudice écologique dont témoignent encore les roches noires et les terres brûlées où aucune végétation ne pousse.

vidéo : In Ekker, un no man's land

Ce qui a été constaté dans la région de Tamanrasset à 150km du site d’In Ekker c’est la disparition de l’eau potable qui pourrait avoir un lien avec le site atomique, car les explosions causent des déplacements tectoniques, voire des séismes.

L’Etat français n’a pas voulu reconnaître jusqu’à présent ces effets. Même si le gouvernement, par la voie de M.Jurien de la Gravière -délégué à la sûreté nucléaire, mandaté par Mme Alliot-Marie- a été obligé de reconnaître que sur les 210 bombes qu’a fait explosées la France, au moins 10 essais réalisés dans le Pacifique posaient problème et qu’un suivi médical devait être mis en place.